Allaiter pendant la grossesse, c’est possible ?
Par : Marjorie Zazula
Temps de lecture : 2min
Vous êtes enceinte et déjà maman d'un bébé ou d'un bambin allaité, et vous vous demandez si c'est bien compatible ? Vous n'envisagez pas de sevrer votre bébé mais vous n'êtes pas sûre de pouvoir poursuivre ? La grossesse est un état exigeant pour le corps, tout comme l'allaitement. Il est légitime de se demander s'il existe un risque à continuer d'allaiter tout en étant enceinte.
Les inquiétudes fréquentes
- Est-ce que cela prive le fœtus de ressources pour se développer convenablement ?
- Est-ce que vous vous exposez à une grossesse compliquée ou à un arrêt de grossesse ?
- Est-ce dangereux pour la croissance de votre bébé allaité ?
Pour votre santé et celle du bébé, pas d'inquiétude si l'on veille à un bon apport nutritionnel et si la grossesse n'est pas à risque. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu'il est "certainement préférable d'améliorer le régime de la mère avec des aliments facilement disponibles que d'interrompre l'allaitement à cause d'une nouvelle grossesse, surtout dans les endroits où l'on n'est pas assuré de trouver des aliments de sevrage appropriés".
Les contractions utérines
On s'inquiète souvent de l'effet des contractions utérines induites par la sécrétion d'ocytocine durant l'allaitement.
Rassurez-vous, selon le comité médical consultatif de La Leche League, ces contractions sont bien différentes de celles du travail et n'entraîneront pas l’arrêt de la grossesse ou un accouchement prématuré. En effet, tant que votre corps n'est pas préparé à entrer en travail avec le bon équilibre hormonal, l'allaitement à lui seul ne provoquera pas ce processus.
La baisse de lactation
Pourquoi dit-on qu'il est difficile de poursuivre l'allaitement pendant la grossesse ?
Une nouvelle grossesse induit souvent une baisse de lactation, généralement au 4ème mois, en raison des changements hormonaux. Il est donc important de stimuler la lactation en plaçant bébé au sein peut-être un peu plus souvent que d'habitude et en intégrant dans votre alimentation des aliments galactogènes (pour booster la production de lait) tels que les noix de cajou, les dattes ou encore l'ortie.
La grève de tétée !
Une nouvelle grossesse peut modifier le goût du lait, et selon l'appréciation de votre bébé, il est possible que votre bambin refuse parfois le sien. Dans ce cas, ralentissez le rythme, profitez des moments de contact, et proposez à nouveau le sein. Ce maternage proximal aura l'avantage de le réconforter et de remplir son réservoir affectif.
Les sensations physiques
Ce qui peut être véritablement challengeant pour la mère enceinte et allaitante, c'est la sensibilité des mamelons due aux changements hormonaux. Pour certaines, cette sensation peut être irritante, tandis que d'autres peuvent ressentir une véritable douleur. À noter que cette sensibilité diminue généralement après le premier trimestre de grossesse.
Suivre vos envies
Si le chemin de la maternité est souvent teinté de culpabilité, il est surtout fait de vos choix et vos expériences. Vivez chaque jour et chaque tétée en étant à l'écoute de vos sensations et des réactions de votre enfant. N'hésitez pas à demander du soutien aux professionnels formés à l'allaitement, qui pourront vous guider dans ces périodes parfois intenses.
Cet article est à titre informatif uniquement. Pour un avis médical personnalisé, veuillez consulter un professionnel de santé.
Références et ressources conseillées
- “En Terre de Mères” de Julie Toutin, formatrice en allaitement.
- La Leche League.
À retenir de l’article
Vivez chaque tétée en étant à l'écoute de vos sensations et des réactions de votre enfant.